Quelque chose de l’ordre d’un pincement au cœur me fait sentir la fin de l’été qui approche. La rosée du matin plus intense, l’écho des cris d’enfants de retour à l’école, le parfum sucré des mirabelles dans le sentier, le soleil chaud mais plus pâle confirment cette sensation. C’est alors le moment où j’écoute ce qui fait battre mon cœur et pose mes résolutions pour les saisons à venir.
Cet été a démarré avec l’avant-première des Dames de Brocéliande, en plein air, au Plateau Avijl. Il y avait des rires, les chants des oiseaux, la lumière du soleil à travers le feuillage, un public chaleureux. Avec Julie Boitte nous avons aussi raconté Les sentiers perdus, d’autres récits de chevalerie au Festival Lasemo. Et nous retrouvons nos Dames pour la rentrée avec une création lumière pour la version scénique.
Cet été, j’ai tenté de prendre du temps pour me livrer à ce qui me nourrit et me guérit. J’ai lu, écouté le ressac, admiré des méduses sur le rivage, rêvé, écrit, j’ai marché, contemplé mon ombre sous la lune dans les colline. J’ai regardé Asthel, « ma » chienne courir sur la plage, une course qui fait bondir l’âme de joie. J’ai plongé dans les pages, dans l’encre, dans l’eau glacée des sources ou dans celle écumeuse des vagues. J’ai laissé s’inviter dans mes songes les sirènes, ondines et chiens fantômes des traditions irlandaises, gaëliques, bretonnes et écossaises.
La saison qui s’annonce est encore constellée de points d’interrogation comme autant de mystères à explorer et de trésors à découvrir. Certains rendez-vous se profilent ou sont déjà là.
Il y aura Morgane la Fée et Guenièvre la Reine, nos Dames de Brocéliande qui voyageront par la parole avec Julie Boitte et moi, appelant de leurs voeux l’âge d’or d’un monde pacifié.
Il y aura les mots de Desnos, mon poète-hippocampe qui, avec la fiction radio J’ai tant rêvé de toi résonneront à Rixensart, à Newcastle et en Bretagne, avec des écoutes publiques et des rencontres. En ces temps troubles, j’aime l’idée que cette voix puisse vibrer et réveiller la lumière.
Il y aura l’histoire d’un homme qui aimait tellement vivre, rire et aimer qu’il a trouvé le moyen de vivre sa vie une nouvelle fois.
Il y aura les retrouvailles avec les ateliers du Bestiaire magique, de On se fait notre cinéma (La Culture a de la Classe), avec les émissions radio Des Récits et des Ondes sur Radio Campus et de nouvelles collaborations aussi qui se dessinent.
Il y a 7 voeux magiques encore secrets que j’ai soigneusement formulés pour cette saison et que je garde cachés à l’abri dans mon carnet à souhaits. Il y a surtout l’envie de garder le souffle, la joie et de collecter les enchantements.
Les vagues avalaient la rive et les corbeaux m’appelaient. J’allais, dans leurs cris, brouiller mon ascendance. J’articulais mon prénom dans un lien plus vaste. Je revenais limpide et contaminée.
Cantique du lac, Anna Milani