Dans ces premiers jours où l’année se déploie comme un oiseau encore fragile, on sent quelque chose qui annonce, lentement, le retour de la lumière. C’est discret, on en douterait presque. J’aime alors regarder en arrière, vers l’année écoulée, pour garder auprès de moi ce qui a été beau. À travers la noirceur et parfois des moments qui piquent, récolter les étincelles, célébrer la chaleur et le lien, tout ce qui soutient l’âme et le cœur. Et avancer, enroulée dans ces filaments de tendresse, vers ce qui me porte.
Parmi les joies, il y a Les Dames de Brocéliande. Raconter, avec Julie Boitte, Guenièvre la souveraine et Morgane la Fée, le lien mystérieux et puissant entre elles et leurs aspirations à un monde plus rayonnant, c’est chaque fois un écho émouvant à ce qui nous anime et fait rêver. Nous aurons la joie de raconter à la Librairie Chimères, à la Maison de la Poésie de Namur, au Dé à Coudre, à la Courte-échelle à Liège et au Centre de l’Imaginaire Arthurien lors des Universités d’été arthuriennes. La thématique du colloque cette année est « Souveraines et fées ». On imagine déjà avec joie les retrouvailles avec la fontaine glacée qui bouillonne, le lac des fées et l’arbre d’or.
Il y a eu la Fantaisie casanovienne, première esquisse d’un futur spectacle, présentée aux côtés de Ludwine Deblon et Fred Duvaud lors du Colloque « Casanova et nous » de l’Université de Liège. Nous nous pencherons encore sur des fragments de l’histoire de cet homme surprenant. Un homme qui n’oubliait personne, qui ne voulait pas être oublié et qui vivant dans l’instant, menait une danse étrange avec le destin.
Il y a aussi la parole du poète hippocampe qui continue de voyager. J’ai tant rêvé de toi a été sélectionné pour la Marmite radiophonique de Longueurs d’Ondes, Festival de la Radio et de l’écoute, à Brest. Après, ce sera au cinéma de Peyrat-le-Château, dans le cadre d’un cycle consacré aux fictions radio, qu’une écoute collective est organisée. En ces temps sombres, convoquer la poésie de Robert Desnos et emmener son fantôme en bord de mer à Brest me semble un juste remède à la mélancolie qui guette.
En 2026, j’intègre l’équipe pédagogique de l’Ecole Internationale du Conte de Bruxelles. C’est là que j’ai posé mes premiers pas de conteuse et ça me touche énormément d’y devenir formatrice.
J’ai passé les derniers jours de l’année à la mer du Nord, à ramasser des tourelles à marée basse, à lire blottie dans une couverture et à rêver en regardant les couchers de soleil tellement dorés en hiver. Pour la suite, je continue de voyager, en belle compagnie, vers tout ce qui me garde le cœur ouvert: les lais de Marie de France, ce 12ème siècle qui me fascine, les fonds marins, les chiens d’entre les mondes.
When Persephone comes back in spring
there is a party
beneath there is melancholy
and the ghosts of the house are laid to rest.Quand Perséphone revient au printemps
Joanne Kyger, She comes up… (traduction Bruno Doucey)
il y a une fête
Là-dessous il y a de la mélancolie
et les fantômes de la maison y sont enterrés.









