Roxane Ca'Zorzi

Que des histoires!

Auteur : Roxane (Page 1 sur 4)

Sur la trace…

Lynx jouant dans la neige

Après l’ivresse et la course d’un automne tellement solaire, avec les premiers craquements du froid, c’est bon de s’arrêter un instant et de savourer le plaisir d’explorer les fascinations de toujours.

Après un stage jeune public et deux bancs d’essai pleins de promesses pour « Le Petit Tailleur », la première de ce nouveau spectacle mêlant conte, ombres et masque avance à grands pas.

« Peupler la nuit », cette tentative de se glisser, par instants, même en étant conscient de l’illusion, dans la peau de l’animal pour partager avec lui la narration d’une histoire, se concrétise peu à peu. Une résidence d’écriture au BAMP permettra bientôt de mieux en cerner les contours. Si cette plongée dans la nuit vivante s’annonce plus mythologique et archaïque que prévu, c’est sans surprise que masque et renarde s’y invitent.

Animis Mundi se poursuit donc, amenant avec lui des voyages, des rencontres et invitant parfois à de nouveaux projets, à se pencher sur d’autres traces.

« Surtout, ne pas lâcher la trace! Ce que nous apprend l’art du pistage, c’est à ne pas perdre ce que l’on ne possède pas. » (V. Despret in « Sur la piste animale » de B. Morizot)

Nouvelle saison

Chauve-souris

L’été a été si plein que le temps a filé comme l’éclair. Déjà la rosée mouille l’herbe du matin, l’automne est proche: la nouvelle saison commence.

La résidence consacrée au répertoire, au moulin de Colombier, en compagnie de Jean Porcherot, a fourni de nouvelles pistes et indices pour « Animis Mundi ».

Le projet suit sa route, trace après trace. Une promenade contée au Musée de zoologie de l’ULB s’annonce, le spectacle « A la tombée de la nuit » se transforme en « Peupler la nuit », trouve peu à peu ses habitants et se mûrit comme un rêve, entre conte et mythologie.

Les ateliers du Bestiaire, projet « La Culture a de la classe », reprennent bientôt pour six classes bruxelloises.

L’autre projet de la rentrée c’est « Le petit tailleur ». J’ai le plaisir d’intégrer ce spectacle de Ludwine Deblon et d’y travailler en duo pour une toute nouvelle version. Du conte, des ombres, du masque et une question: « Quelle est ma place? »

Voyages, encre, poésie lyrique…  Avec d’autres projets encore, cette nouvelle saison s’annonce riche en découvertes.

« Notre aptitude à vivre par procuration est infinie: si vous éprouvez suffisamment d’empathie à l’égard d’un martinet, soit vous en deviendrez un, soit (ce qui revient peut-être au même) ses virevoltes autour du clocher de l’église vous réjouiront tellement que peu vous importera de ne pas en être un. » (C. Forster, « Dans la peau d’une bête »)

Un été inspirant

Ilas, le bouc de l'Ecomuséé du Véron

A peine de retour d’une merveilleuse résidence d’artistes à l’Ecomusée du Véron, dans le cadre du projet « Animis Mundi » avec Ludwine Deblon, j’essaie de faire le point sur toutes les pistes soulevées lors de ce séjour.

Deux promenades contées inspirées par le bocage, lieu emblématique d’une action de l’homme sur la nature, ont été présentées à l’issue de la semaine de travail. Les deux balades tournaient autour de la notion de frontière: celle entre nocturne et diurne pour la première, et celle, plus floue encore, entre « domestique » et « sauvage » pour la seconde.

C’était aussi l’occasion de lancer les premières pistes de travail pour le spectacle « Animis Mundi, à la tombée de la nuit », entre observation des animaux, senteurs du marais, écoute de la nuit…

Gisant de Aliénor d'AquitaineEt la présence toute, toute proche de l’abbaye de Fontevraud où j’ai eu le bonheur de saluer le gisant de la passionnée et passionnante Aliénor. Comme un rappel du projet avec Michel Verbeek sur la poésie lyrique du 12 et 13 éme siècle et sur les « vidas », leurs troublants échos pleins de vie et de contradictions.

Et une autre rencontre encore au sujet d’un projet encré dans mes envies mais prévu pour plus tard…

Comme si tous les rêves se rencontraient au même lieu en même temps!

Très bientôt, « Tigre, Tigre! » sera au Festival du Conte de Chiny.

Et une autre résidence d’artiste autour du projet « Animis Mundi » s’annonce, à Saint-Etienne cette fois. Quel bel été!

« Je fais un chant de pur néant: il n’est de moi ni de nul autre, il n’est d’amour ni de jeunesse, ni de rien d’autre, puisqu’il fut trouvé en dormant sur un cheval. » Guillaume IX

Magie des ateliers

lynxCes dernières semaines ont été rythmées par les préparations et répétitions des différents ateliers.

Le projet d’initiation au conte mené en duo avec Marie-Noëlle Baquet, en collaboration avec la DAS, l’Institut De Mot-Couvreur et la Maison du Conte, s’est terminé. Sept jeunes filles, étudiantes en puériculture, ont raconté à un public d’enfants de classes maternelles. Elles ont accepté de découvrir l’univers du conte, de (se) faire confiance, de se lancer.

La classe d’Astrid avec laquelle j’ai travaillé dans le cadre de « On se fait Notre Cinéma », un projet « La Culture a de la Classe » mené par Cinédit a inventé une histoire qui fait rêver: une aventure sous-marine, un trésor, un cimetière au bord de l’océan… et ils ont réalisé le court-métrage d’animation avec énergie et enthousiasme. Ce 23 juin, c’est le moment de la projection, en public, sur grand écran, au Cinéma Nova.

Les 6 classes du « Bestiaire Magique », un projet « La Culture a de la Classe » mené  par l’ASBL De Capes et de Mots, ont chacune préparé une promenade contée qu’ils ont offerte à leur classe de correspondants. Ce 18 juin, c’est la clôture festive du Bestiaire! C’était un grand moment d’émotion de (re)découvrir les histoires à travers eux. Des loups généreux, des crocodiles sournoises, des crapauds venimeux, des amoureux empoisonnés… les enfants se sont appropriés les contes avec tout leur coeur, puisant dans leurs souvenirs et leur imagination. Ils ont eu le courage d’aller à la rencontre du public.

Je suis très fière du travail de tous ces élèves avec qui j’ai eu la chance de travailler cette année.

Et avec l’été, les spectacles, les résidences de création, les projets reviennent, comme les chauve-souris qui dansent dans le ciel étoilé.

« Le courage c’est quand on a peur mais qu’on y va quand même » (Neil Gaiman, « Coraline »)

La beauté de la Crue

Statues en bord du Saint-Laurent, Mont-Joli (Québec)

A peine revenue de Mont-Joli, au Québec, et du festival « La Crue des Mots », je me rends compte de la chance que cela a été de participer à une telle expérience.

Des ateliers dans les écoles de la région, des spectacles, une tempête, de la neige, beaucoup d’énergie mais surtout de la générosité et une envie de partager la culture. Merci à André Lemelin, à Denis Massé et à Isabelle Larouche pour ce Cabaret conté où l’écoute,la simplicité, la découverte et l’échange étaient tellement présents. Merci à Jérôme et Marie pour la bulle de papier découpé pleine de musique et de légèreté. Merci à l’équipe du CLAC , organisatrices pleines d’idéal. Et puis il y a aussi eu le bonheur de l’amitié, les plongeons d’un phoque dans le fleuve, les traces d’une mouffette sur la plage… un apaisement.

Au retour, pas de temps vides: c’est le moment où les ateliers de « La Culture a de la Classe » battent leur plein, les tournages et les promenades contées approchent à toute allure.

Et l’été, avec ses spectacles et ses résidences de création, arrive aussi, comme une promesse.

« C’était beau, d’une beauté ni trop sauvage ni trop domestique, de cette beauté qu’on aime quand il neige calmement sur toutes les étendues posées douces devant soi. » (J.Désy, « Le coureur de froid »)

A la rencontre…

Faucon pèlerinPrès de chez moi, un couple de faucons pèlerins s’est installé dans l’horloge de l’église. Depuis quelques jours, leurs cris rauques résonnent dans l’air. Leurs silhouettes planent dans le ciel, se précipitent en vol piqué…

Les faucons seront bien présents dans le projet « Animis Mundi ». En plus des chroniques , des ateliers et des promenades, il serait étonnant qu’ils ne traversent pas « A la tombée de la nuit », le prochain spectacle. J’attends avec impatience la première résidence de l’été  et sa mise en chantier.

D’ici là, c’est le plaisir de participer au Festival « La Crue des Mots« , dans la région du Bas Saint-Laurent, au Québec, qui s’annonce. Une semaine d’ateliers, de discussions et de spectacles autour des littératures orales et écrites. Du conte mais aussi de la poésie, du slam, du chant… beaucoup de rencontres, d’échanges et surtout de plaisir.

« L’os survit toujours à la plume » (« Lavondyss », Robert Holdstock)

Animis Mundi

Blaireau dans la neige, Chorleywood Common (Hertfordshire, Royaume-Uni)Les journées s’allongent à pas de géants. Même si la lumière reste rare, l’envie de sortir de mon terrier, encore embaumé des parfums de frangipane et d’épices chaudes, revient. C’est le moment de repartir à la découverte: bienvenue à 2018!

L’année démarre sur une belle nouvelle aventure. Le dossier « Animis Mundi » de la Compagnie « De Capes et de Mots » a été accepté par la Fédération Wallonie Bruxelles. Il bénéficie d’une aide au projet de deux ans.

C’est l’occasion de se pencher sur les animaux des contes, d’en  suivre certains à la trace à travers cultures et époques. De tenter, lors de ces « tours du monde d’un animal », de se focaliser sur les regards humains portés sur l’animal mais aussi sur l’animal lui-même à travers ses sociétés et individualités.

Ce sera l’occasion aussi d’explorer des frontières mouvantes: diurnes, nocturnes, sauvages, domestiques, familiers, imaginaires…

Ce projet s’inscrit dans la continuité de la démarche entamée avec les spectacles « Tigre, Tigre! » et « A l’Ombre du Manguier ».

Le prochain spectacle, celui des rêveries animales, « A la tombée de la nuit » tentera de mêler regards humains et point de vue animal.

Mais une chronique, des ateliers et des promenades thématiques sont aussi au programme. Renards, faucons, vaches, abeilles,cerfs, blaireaux… beaucoup de rencontres en vue.

« Aborder le point de vue des animaux et décrire leurs mondes et leurs intelligences conduit à leur poser des questions de plus en plus pertinentes » (Dominique Lestel , « Révolutions animales »)

Soleil en terre…

Soleil en terreLes longues nuits, les premiers flocons dans le ciel gris, l’odeur de cire chaude des bougies… l’hiver est là!  Et j’ai l’impression de déjà recevoir des cadeaux.

« A l’ombre du Manguier », mon dernier spectacle, vient de bénéficier d’une création lumière, lors d’une résidence d’artiste à Chiny, Cité des Contes. Avec une grande simplicité, les éclairages renforcent les diverses ambiances de ces histoires, où les métamorphoses s’enchaînent et où l’apparence n’est qu’illusion.

A l’occasion du « Jour le plus court », festival du court-métrage, j’ai à nouveau l’occasion de jouer à mêler conte et cinéma. Le Phare accueillera en effet deux séances « Contes et Courts », une pour petite enfance par Lorie Strens et l’autre pour tout public à partir de 13 ans.  Celle-ci me tient particulièrement à coeur: ce sera le tout premier jet d’un futur spectacle consacré à Robert Desnos. Robert Desnos, merveilleux raconteur d’histoire, poète libre, tendre et passionné fantôme… cela fait si longtemps que ses poésies m’accompagnent. Je suis très émue d’avoir l’occasion de partager ce spectacle mêlant conte, poésies, courts-métrages et récit de vie .

Quant au prochain projet de spectacle, celui des rêveries animales, une future résidence  d’été à l’écomusée du Véron s’annonce et sera l’occasion d’avancer à la recherche de ce point de vue animal dans les contes.

« Parler des animaux, c’est encore témoigner de la manière dont l’homme les capture dans ses paroles » (C. Lévi-Strauss, « La pensée sauvage »)

Autres regards

Création d'un masque

C’est un automne plein de découvertes et de rencontres qui s’annonce…

Deux résidences, l’une au BAMP à Bruxelles et l’autre à Chiny, Cité des Contes, permettent au spectacle « A l’Ombre du Manguier » de se peaufiner avant d’être présenté au public dès la mi-octobre.

« Tigre, Tigre! », lui  poursuit son chemin et sera présent à Florydille, au jardin Botanique de Meise le 15 octobre.

Le projet « Le Bestiaire Magique » mené dans le cadre de « La Culture a de la Classe » mêlera cette année 6 classes de 3 écoles primaires dans une grande aventure où se mélangeront découverte des animaux , dans leur réalité ou leur symbolique, et initiation au conte et à l’oralité.

Le workshop « Un masque pour la scène » de Loïc Nebreda ouvre la voie à d’autres pistes,  amène à un nouveau regard… et le prochain projet de spectacle, celui où j’aimerais, le temps d’un instant, me glisser parfois dans la peau d’un animal, se construit et se rêve peu à peu.

« La forme, toute forme, est un rêve du monde qui se pense en se faisant… » (« Le parti pris des animaux », J-C Bailly)

Voici l’été…

A l'ombre du manguierVoici l’été, les longues journées, les hautes herbes, le soleil et les orages…

Le moment de se poser un peu, de regarder en avant et de s’amuser  des liens entre les spectacles et les projets, suivre un songe insistant.

Le 13 août, un parfum de vacances et de fêtes avec une promenade contée, organisée par les Conteurs en Balade, en duo avec Julie Boitte, dans un coin de campagne et de forêt étonnant: le Plateau Avijl.

Le spectacle « Tigre, Tigre! », tour du monde d’un animal, interrogation sur le rapport entre la nature et la culture, participera à Europalia Indonésie. La dernière histoire du spectacle, la clôture apaisante du voyage est, en effet, un conte animiste de tradition indonésienne.

C’est « Tigre, Tigre! » qui m’a fait me pencher sur un corpus de contes animistes indonésiens et c’est ce qui a donné naissance à « A l’ombre du Manguier », un nouveau spectacle. L’occasion de réaliser un rêve, de plonger dans la réalisation d’un court-métrage d’animation grâce à une collaboration avec Cinédit et Smala Cinéma. C’est la chance aussi de profiter de résidences d’artistes (à l’Espace Maurice Carême, au BAMP, à Chiny, cité des contes) pour répéter et mêler les contes aux images animées…

Pour continuer ce jeu d’idées en cascade, les histoires racontées dans « A l’ombre du manguier » donnent envie de prolonger le rêve. Se dire, que, juste pour un instant, on se glisse dans la peau de l’animal, que l’on perçoit le réel à travers ses filtres. Le workshop de Loïc Norreda sur la création du masque pourrait bien être une porte d’entrée vers ce nouveau défi.

Du plaisir!

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