L’année n’est déjà plus si nouvelle que cela. Les rendez-vous s’inscrivent comme des promesses dans un agenda où plumes, feuilles séchées, dessins et autres trésors commencent de se blottir entre les pages.

La version scénique de « Mon sang coule dans tes veines », en duo avec Julie Boitte, a été présentée, le temps d’un extrait, lors de la Journée professionnelle de Chiny. C’était un grand moment d’émotion de partager avec le public, dans l’écrin d’une salle, notre rencontre avec nos deux héroïnes. Désormais, les deux versions de ce spectacle, la balade et la scénique, vont co-exister. Une nouvelle résidence artistique s’annonce aussi, notamment pour tenter de révéler par le biais de réalisations poético-sonores quelques bribes de récits liées à d’autres moments de vie de nos héroïnes.

« Les Alliés », en duo avec Ludwine Deblon, continue aussi son parcours. Une résidence d’écriture de plateau nous attend bientôt à Chiny, Cité des Contes. On se dirige vers une création à géométrie variable. Une part de chacune des représentations sera intiment liée au lieu où elle se déroule et à ses habitants, attentive au souffle passé et présent de l’endroit. Dans cette création qui mêle la mythologie et le récit de vie à l’histoire de la domestication, nous nous pencherons surtout sur notre lien au cheval et au chien. En particulier, nous nous attacherons à Argos, le chien d’Ulysse et à Xanthos, le cheval d’Achille. Moi, je tenterai de me plonger dans la peau d’Argos, de sentir cette confrontation à l’absence vécue par une mémoire canine essentiellement affective. Et je sens déjà le vertige dans mon coeur.

Le projet de fiction radiophonique « J’ai tant rêvé de toi », consacré à l’histoire d’Ondine et de Desnos et de leurs rencontres à travers les ondes du temps, avance peu à peu… L’écriture de la « partition » s’achève, quelques personnages imprévus s’y invitant à ma grande surprise.

Enfin A/ENCRER est attendu au printemps pour une résidence au CLAC (Carrefour de la Littérature , des arts et de la Culture) au Québec. On ose à peine y croire mais cette fois Elise Argouarc’h et moi devrions nous retrouver « en vrai » sur scène pour partager ces récits de tatouage qui nous font vibrer l’âme et la peau.

Je découvre avec étonnement que ces créations qui pourraient sembler éparpillées me ramènent plutôt toujours vers le même chemin. Que ce soit par vagues ou par échos, à travers la peur de la perdre ou l’émerveillement du souvenir, c’est la mémoire qui souvent s’invite. C’est cette part du coeur qui, avec une tendresse acharnée, ne renonce jamais, qui me porte à travers ces récits.

J’ai arraché une plume de jais de ma coiffe et je l’ai laissée sur son front, pour sa tête, pour un souvenir, pour un avertissement, pour un brin de nuit dans le matin.

Max porter, Grief is the thing with feathers