Roxane Ca'Zorzi

Que des histoires!

Catégorie : Promenades contées (Page 1 sur 2)

Le temps de s’émerveiller

Hermine en hiver (Allemagne)

2020, te voilà déjà!

2019 a été tellement riche de découvertes, de voyages, de partages, d’ateliers, d’expériences que j’ai à peine eu le temps de t’entendre arriver. C’est maintenant que je me rends compte, avec délice, à quel point cette quête est infinie. C’est maintenant aussi, au terme de deux années intenses d’exploration, que vont se révéler certaines pistes suivies lors d’Animis Mundi.

Il y a les spectacles, bien sûr.

« Peupler la nuit », après sa longue maturation, est prêt à émerger de son cocon et à entamer un autre voyage, celui de la rencontre avec le public, hésitant même à changer de nom avant de franchir ce cap.

« Taonga », le spectacle de Ludwine Deblon et Evelyne Devuyst, pour lequel j’ai le plaisir d’être regard extérieur, s’apprête à nous faire voyager au coeur d’une terre vivante et précieuse.

Quant à « Passer l’hiver », spectacle jeune public en duo avec Ludwine, il raconte diverses stratégies par rapport à une des épreuves les plus rudes de la vie animale, la traversée de l’hiver. C’est l’occasion de croiser chevreuil, écureuil, hermine, chien, humain, campagnol et blaireau. C’est d’ailleurs le terrier de ce dernier qui est au centre de ce que nous espérons être un partage d’expériences et de sensations au coeur d’une histoire éthologique.

Il y a aussi les promenades contées « Animis Mundi » où, sur base de ce que nous croisons, nous mêlons contes, narration autour du vivant rencontré, souvenirs et anecdotes liés au lieu.

Les émissions radios « Des Récits et des Ondes » se poursuivent, elles aussi, sur Radio Campus, tous les premiers mercredis du mois, de 11 à 12 heures, et les premières sont même disponibles en podcast.

Cette année 2020, je veux la consacrer à prendre le temps. Le temps de savourer la naissance des nouveaux spectacles, de rêver à l’éclosion des prochains, à prendre plaisir aux rencontres…

Le temps de se perdre et de se retrouver au gré de poèmes lus et tant aimés, d’un parfum furtif ou le long des sillons d’un dessin encré dans la peau.

Je vous souhaite à vous aussi la douceur d’être ainsi bercé dans l’éblouissement d’instants magiques.

(…) d’aucuns faisaient promesse et profession de croquer le monde au cas par cas, s’efforçant de saisir les choses dans l’éclat de leur apparition, ourlées de la dentelle de l’instant, à jamais singulièrement belles.

Le détail du monde, R. Bertrand

Cadeaux

Visages d'un homme et d'une femme. Sculpture Maori, Nouvelle Zélande.

En cette période, les ateliers battent leur plein. L’excitation monte alors que les finalisations approchent. Les premières promenades contées du « Bestiaire magique » se profilent, la projection des courts-métrages de « On se fait notre cinéma » se déroulera bientôt au Nova et les élèves en puériculture de De Mot-Couvreur répètent leur spectacle mêlant conte, récit de vie, chant et théâtre d’ombres. Je suis fière des participants de ces ateliers. C’est une grande chance de travailler avec eux. Leur confiance et leur engagement me touchent énormément. Un tout grand merci!

Le voyage d’étude en Nouvelle-Zélande a été une expérience puissante peuplée de belles rencontres. J’y ai trouvé une vraie générosité et la conviction de l’importance de la transmission de ces histoires reçues dont nous sommes « juste » dépositaires avant de les transmettre à ceux qui nous suivent. Et aussi des histoires d’oiseaux peuplant des forêts millénaires, de baleines généreuses, des contes de fiancée non-humaine, des récits de vie et des légendes de fantômes… Rien d’étonnant dans un pays où les arcs-en-ciel semblent dresser des ponts entre les montagnes, où la lune éclaire des chemins de fougères phosphorescentes et où l’on sent le coeur de la terre battre sous nos pas.

Maintenant, il sera temps de reprendre le travail sur « Peupler la Nuit », en travaillant ce futur spectacle sur scène lors d’une résidence d’artiste à Chiny. Et retrouver le plaisir de partager des histoires avec la « Marche des Conteurs » en Gaume, début juillet, sous la lumière d’un bel été.

Nous enverrons une flotte de cerfs-volants, griffonnés avec les mots du jour. Des cerfs-volants de mousseline délavée tendue sur des bâtons en croix lumineux, ornés de queues flottantes. Ils seront vus dérivant par dessus les nuages…

Patti Smith


Voyages

Cormoran de Nouvelle Zelande

Après la résidence d’écriture au BAMP pour le spectacle « Peupler la Nuit » , plongée dans les forêts épaisses de la Grèce de l’âge de bronze, c’est un voyage d’études et de rencontres en Nouvelle-Zélande qui approche.

C’est le moment de partir à la découverte de contes, mythes, récits de tradition maori, d’interroger un autre mode de relation à la nature. C’est le temps d’explorer un rapport différent entre les sociétés humaines et les « autres », quelles qu’elles soient, en s’émerveillant de cette diversité vivante et pleine d’âmes.

C’est aussi la chance de rencontrer des oiseaux légendaires, uniques. Ecouter leur chant, le bruissement des ailes, se pencher sur une trace de pattes ou une plume: de quoi nourrir « Ramages et plumages », des promenades contées « Animis Mundi », mêlant réel et imaginaire, et consacrées à la gent ailée.

C’est aussi le bonheur d’être le regard extérieur pour le prochain spectacle de Ludwine Deblon sur diverses Cosmogonies.

Je suis heureuse et émerveillée de voir s’approcher cette aventure.

Le monde est un vaisseau dans un voyage sans retour.

Herman Melville , « Moby Dick »

Nouvelle saison

Chauve-souris

L’été a été si plein que le temps a filé comme l’éclair. Déjà la rosée mouille l’herbe du matin, l’automne est proche: la nouvelle saison commence.

La résidence consacrée au répertoire, au moulin de Colombier, en compagnie de Jean Porcherot, a fourni de nouvelles pistes et indices pour « Animis Mundi ».

Le projet suit sa route, trace après trace. Une promenade contée au Musée de zoologie de l’ULB s’annonce, le spectacle « A la tombée de la nuit » se transforme en « Peupler la nuit », trouve peu à peu ses habitants et se mûrit comme un rêve, entre conte et mythologie.

Les ateliers du Bestiaire, projet « La Culture a de la classe », reprennent bientôt pour six classes bruxelloises.

L’autre projet de la rentrée c’est « Le petit tailleur ». J’ai le plaisir d’intégrer ce spectacle de Ludwine Deblon et d’y travailler en duo pour une toute nouvelle version. Du conte, des ombres, du masque et une question: « Quelle est ma place? »

Voyages, encre, poésie lyrique…  Avec d’autres projets encore, cette nouvelle saison s’annonce riche en découvertes.

« Notre aptitude à vivre par procuration est infinie: si vous éprouvez suffisamment d’empathie à l’égard d’un martinet, soit vous en deviendrez un, soit (ce qui revient peut-être au même) ses virevoltes autour du clocher de l’église vous réjouiront tellement que peu vous importera de ne pas en être un. » (C. Forster, « Dans la peau d’une bête »)

Un été inspirant

Ilas, le bouc de l'Ecomuséé du Véron

A peine de retour d’une merveilleuse résidence d’artistes à l’Ecomusée du Véron, dans le cadre du projet « Animis Mundi » avec Ludwine Deblon, j’essaie de faire le point sur toutes les pistes soulevées lors de ce séjour.

Deux promenades contées inspirées par le bocage, lieu emblématique d’une action de l’homme sur la nature, ont été présentées à l’issue de la semaine de travail. Les deux balades tournaient autour de la notion de frontière: celle entre nocturne et diurne pour la première, et celle, plus floue encore, entre « domestique » et « sauvage » pour la seconde.

C’était aussi l’occasion de lancer les premières pistes de travail pour le spectacle « Animis Mundi, à la tombée de la nuit », entre observation des animaux, senteurs du marais, écoute de la nuit…

Gisant de Aliénor d'AquitaineEt la présence toute, toute proche de l’abbaye de Fontevraud où j’ai eu le bonheur de saluer le gisant de la passionnée et passionnante Aliénor. Comme un rappel du projet avec Michel Verbeek sur la poésie lyrique du 12 et 13 éme siècle et sur les « vidas », leurs troublants échos pleins de vie et de contradictions.

Et une autre rencontre encore au sujet d’un projet encré dans mes envies mais prévu pour plus tard…

Comme si tous les rêves se rencontraient au même lieu en même temps!

Très bientôt, « Tigre, Tigre! » sera au Festival du Conte de Chiny.

Et une autre résidence d’artiste autour du projet « Animis Mundi » s’annonce, à Saint-Etienne cette fois. Quel bel été!

« Je fais un chant de pur néant: il n’est de moi ni de nul autre, il n’est d’amour ni de jeunesse, ni de rien d’autre, puisqu’il fut trouvé en dormant sur un cheval. » Guillaume IX

Magie des ateliers

lynxCes dernières semaines ont été rythmées par les préparations et répétitions des différents ateliers.

Le projet d’initiation au conte mené en duo avec Marie-Noëlle Baquet, en collaboration avec la DAS, l’Institut De Mot-Couvreur et la Maison du Conte, s’est terminé. Sept jeunes filles, étudiantes en puériculture, ont raconté à un public d’enfants de classes maternelles. Elles ont accepté de découvrir l’univers du conte, de (se) faire confiance, de se lancer.

La classe d’Astrid avec laquelle j’ai travaillé dans le cadre de « On se fait Notre Cinéma », un projet « La Culture a de la Classe » mené par Cinédit a inventé une histoire qui fait rêver: une aventure sous-marine, un trésor, un cimetière au bord de l’océan… et ils ont réalisé le court-métrage d’animation avec énergie et enthousiasme. Ce 23 juin, c’est le moment de la projection, en public, sur grand écran, au Cinéma Nova.

Les 6 classes du « Bestiaire Magique », un projet « La Culture a de la Classe » mené  par l’ASBL De Capes et de Mots, ont chacune préparé une promenade contée qu’ils ont offerte à leur classe de correspondants. Ce 18 juin, c’est la clôture festive du Bestiaire! C’était un grand moment d’émotion de (re)découvrir les histoires à travers eux. Des loups généreux, des crocodiles sournoises, des crapauds venimeux, des amoureux empoisonnés… les enfants se sont appropriés les contes avec tout leur coeur, puisant dans leurs souvenirs et leur imagination. Ils ont eu le courage d’aller à la rencontre du public.

Je suis très fière du travail de tous ces élèves avec qui j’ai eu la chance de travailler cette année.

Et avec l’été, les spectacles, les résidences de création, les projets reviennent, comme les chauve-souris qui dansent dans le ciel étoilé.

« Le courage c’est quand on a peur mais qu’on y va quand même » (Neil Gaiman, « Coraline »)

A la rencontre…

Faucon pèlerinPrès de chez moi, un couple de faucons pèlerins s’est installé dans l’horloge de l’église. Depuis quelques jours, leurs cris rauques résonnent dans l’air. Leurs silhouettes planent dans le ciel, se précipitent en vol piqué…

Les faucons seront bien présents dans le projet « Animis Mundi ». En plus des chroniques , des ateliers et des promenades, il serait étonnant qu’ils ne traversent pas « A la tombée de la nuit », le prochain spectacle. J’attends avec impatience la première résidence de l’été  et sa mise en chantier.

D’ici là, c’est le plaisir de participer au Festival « La Crue des Mots« , dans la région du Bas Saint-Laurent, au Québec, qui s’annonce. Une semaine d’ateliers, de discussions et de spectacles autour des littératures orales et écrites. Du conte mais aussi de la poésie, du slam, du chant… beaucoup de rencontres, d’échanges et surtout de plaisir.

« L’os survit toujours à la plume » (« Lavondyss », Robert Holdstock)

Animis Mundi

Blaireau dans la neige, Chorleywood Common (Hertfordshire, Royaume-Uni)Les journées s’allongent à pas de géants. Même si la lumière reste rare, l’envie de sortir de mon terrier, encore embaumé des parfums de frangipane et d’épices chaudes, revient. C’est le moment de repartir à la découverte: bienvenue à 2018!

L’année démarre sur une belle nouvelle aventure. Le dossier « Animis Mundi » de la Compagnie « De Capes et de Mots » a été accepté par la Fédération Wallonie Bruxelles. Il bénéficie d’une aide au projet de deux ans.

C’est l’occasion de se pencher sur les animaux des contes, d’en  suivre certains à la trace à travers cultures et époques. De tenter, lors de ces « tours du monde d’un animal », de se focaliser sur les regards humains portés sur l’animal mais aussi sur l’animal lui-même à travers ses sociétés et individualités.

Ce sera l’occasion aussi d’explorer des frontières mouvantes: diurnes, nocturnes, sauvages, domestiques, familiers, imaginaires…

Ce projet s’inscrit dans la continuité de la démarche entamée avec les spectacles « Tigre, Tigre! » et « A l’Ombre du Manguier ».

Le prochain spectacle, celui des rêveries animales, « A la tombée de la nuit » tentera de mêler regards humains et point de vue animal.

Mais une chronique, des ateliers et des promenades thématiques sont aussi au programme. Renards, faucons, vaches, abeilles,cerfs, blaireaux… beaucoup de rencontres en vue.

« Aborder le point de vue des animaux et décrire leurs mondes et leurs intelligences conduit à leur poser des questions de plus en plus pertinentes » (Dominique Lestel , « Révolutions animales »)

Voici l’été…

A l'ombre du manguierVoici l’été, les longues journées, les hautes herbes, le soleil et les orages…

Le moment de se poser un peu, de regarder en avant et de s’amuser  des liens entre les spectacles et les projets, suivre un songe insistant.

Le 13 août, un parfum de vacances et de fêtes avec une promenade contée, organisée par les Conteurs en Balade, en duo avec Julie Boitte, dans un coin de campagne et de forêt étonnant: le Plateau Avijl.

Le spectacle « Tigre, Tigre! », tour du monde d’un animal, interrogation sur le rapport entre la nature et la culture, participera à Europalia Indonésie. La dernière histoire du spectacle, la clôture apaisante du voyage est, en effet, un conte animiste de tradition indonésienne.

C’est « Tigre, Tigre! » qui m’a fait me pencher sur un corpus de contes animistes indonésiens et c’est ce qui a donné naissance à « A l’ombre du Manguier », un nouveau spectacle. L’occasion de réaliser un rêve, de plonger dans la réalisation d’un court-métrage d’animation grâce à une collaboration avec Cinédit et Smala Cinéma. C’est la chance aussi de profiter de résidences d’artistes (à l’Espace Maurice Carême, au BAMP, à Chiny, cité des contes) pour répéter et mêler les contes aux images animées…

Pour continuer ce jeu d’idées en cascade, les histoires racontées dans « A l’ombre du manguier » donnent envie de prolonger le rêve. Se dire, que, juste pour un instant, on se glisse dans la peau de l’animal, que l’on perçoit le réel à travers ses filtres. Le workshop de Loïc Norreda sur la création du masque pourrait bien être une porte d’entrée vers ce nouveau défi.

Du plaisir!

De vrais beaux jours!

Les longues soirées lumineuses, le soleil, les orages…juin est déjà là et avec lui, la fin de la saison et de l’année scolaire!

Quelle année intense! Mouvementée, bouleversée, bien sûr mais surtout pleine de beaux projets .

C’est le moment où se vivent, l’une après l’autre, les finalisations des différents ateliers menés en milieu scolaire.

Après « Quand les mots se mêlent à la danse »coordonné par Escale du Nord, voici déjà la projection des courts-métrages réalisés par les enfants dans le cadre de « On se fait Notre cinéma » et très bientôt viendra la promenade contée des enfants du « Bestiaire Magique ».

Trois projets « La culture a de la classe », trois univers différents, des institutrices à l’écoute, curieuses et investies, des enfants motivés, courageux, vrais, bref, plein de belles rencontres; et si chaque finalisation est un moment de grande émotion, de fierté et de partage, c’est aussi un petit pincement au coeur…

C’est aussi un mois de juin fort rempli par les répétitions consacrées aux nouvelles créations de la rentrée, c’est tellement passionnant que ça donne presque l’impression d’être déjà en vacances!

 

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